23 janv. 2019
Critiques sur Babelio
Jodyane. Un livre choisit par hasard et quelle livre ! Un roman écrit d'après une histoire vraie qui rend le livre du coup encore plus poignant. Des enfants qui vivent dans les favelas et pour suivivre vont connaître , la violence, la prostitution les vols. Ce monde où se côtoient des homosexuels, des prostituées, des travestis et des transexuels sont leur quotidien. Et au milieu de ce monde, la violence, l'amour et l'amitié. Un livre très dur mais qui nous livre la réalité de leur survie.
Djelisaweta. Au départ il y a Maria Aparecida, toute jeune fille d'une dizaine d'années qui vit avec ses parents et son petit frère. Mais voilà que sa maman décède et que les enfants se retrouvent à subir la violence de leur père. De plus, Maria Aparecida devient le défouloir sexuel de ce père devenu alcoolique. Les enfants sont envoyés en ville pour mendier mais un jour Maria Aparecida perd son petit frère. Elle décide de s'enfuir pour échapper à ce père incestueux. Lors de cette fuite, une fois arrivée en ville, elle rencontre Betinho, jeune homme homosexuel et prostitué, à peine plus âgé qu'elle, qui va la prendre sous son aile comme une vraie petite sœur. Cette histoire se passe à Salvador, ville de l'état de Bahia, au Brésil. Cependant, nous sommes loin des clichés qui voudraient que la misère soit plus facile au soleil. Ici nous naviguons dans la misère sociale et plus particulièrement la détresse de ces enfants livrés à eux mêmes. On ne nous épargne rien : prostitution, drogue, alcool, violence... On en oublie parfois que les protagonistes ne sont que des adolescents voire de tout jeunes enfants. Quand on croit que le pire est passé et que ça va s'arranger, on monte encore un cran dans l'horreur. Malgré tout ce livre parle d'amour. Oui ça parait difficile à croire mais toute cette souffrance laisse quand même place aux sentiments. Lesquels permettent de survivre dans cette boue qu'est leur vie, ou plutôt survie ! On ne sort pas indemne de ce récit et on s'attache à ces personnages forts et beaux. On est comme spectateur de cette vie dont personne ne voudrait, de ces violences faites à des enfants, c'est tellement moche qu'on a presque honte et on se sent extrêmement privilégié et surtout impuissant. On a presque oublié qu'avoir un toit, un lit et l'eau courante reste un luxe pour beaucoup. Ce livre marque et restera probablement ancré dans ma mémoire. Il est aussi là pour réveiller les consciences sur le sort des enfants dans le monde.
Larepubliquedeslivres. C’est sans doute l’un des livres les plus difficiles que j’ai eu à lire depuis que j’ai commencé à lire et pourtant j’en ai lu des livres ! Nous sommes plongés dans la vie de Maria Aparecida. C’est une jeune fille de 10 ans qui se retrouve dans les rues de Salvador de Bahia à la suite d’un évènement tragique. Là, elle y rencontre Betinho, un jeune garçon à peine plus âgé qu’elle qui va la prendre sous son aile. De là va naître une belle histoire d’amitié. Ce livre n’est pas une histoire vraie mais a été écrite par un ancien éducateur de rue au Brésil d’après sa propre expérience. Cela se ressent très bien au travers de ce livre. L’auteur nous fait vivre ce que c’est de vivre dans les bas-fonds de Salvador de Bahia. Entre viol, misère, drogue, vol et prostitution, l’auteur ne nous épargne rien quitte à parfois nous choquer. Je dois dire que j’ai été horrifié de lire tous ce qu’il arrivait à ces deux enfants. Car c’est ça le plus choquant, au début de ce livre, ce ne sont que des enfants. Malgré toute la violence qui s’égrène au fil des pages, j’ai pu voir un point positif au travers de toute cette histoire. Tout au long de celle-ci, j’ai été touché par l’espoir et l’envie de s’en sortir qu’il existe chez ces enfants. Malgré tout, ils ne perdent pas espoir d’avoir une vie meilleure et de s’en sortir. Leur amitié leur apporte beaucoup mais provoque pas mal de tension entre eux parce que c’est une amitié qu’ils veulent exclusive. L’histoire nous est racontée du point de vue de Bethino une fois devenu adulte mais c’est bien la vie de Maria qu’il nous rapporte. Cela permet d’avoir un petit recul par rapport à tout ce qui se passe même s’il nous épargne rien parce qu’il nous rapporte les paroles de Maria. Maria est une jeune femme pleine de vie tout au long de cette histoire. Sa beauté et sa générosité ont su me toucher. Comme Betinho, ce jeune homme protecteur et tendre envers Maria. J’ai vu plusieurs fois une porte de sortie à leur misère mais à chaque fois un grain de sable s’y mettait. Je ne pourrai pas vous dire si j’ai aimé ou non cette histoire. Je peux juste vous dire que je suis touchée par l’histoire de ces deux personnages. La violence exprimée dans ce roman est tellement présente qu’on pourrait les croire abattu mais pourtant non ils se battent. Une histoire qui fait prendre conscience un peu plus de la réalité des pays d’Amérique latine. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.
Mamanzabeille. Ho mon dieu ! ... Je viens de terminer la dernière ligne de ce magnifique roman. Pour tout vous avouer ce n'est absolument pas le style de roman que j'ai l'habitude de lire ! J'ai choisi ce livre une fois n'est pas coutume par sa couverture et son titre. Le narrateur, Betinho, est un jeune homosexuel de 13 ans , dans ce livre il nous parle de sa vie, de sa rencontre avec sa petite reine, la petite Maria Aparecida qui a 11 ans. Ils sont tous deux des enfants de la rue et tout au long du livre on s'attache aux deux personnages. Betinho prends la petite sous son aile et ils s'attachent l'un à l'autre . Leur enfance n'a pas été tendre, on comprend pourquoi ils sont dans la rue et on vit avec eux tout ce que la vie ne leur épargne pas : viols, prostitution, drogue ... Ce roman est bouleversant, je suis encore sous le choc de cette lecture, moi qui d'habitude lis des choses un peu plus légères j'ai été transportée par la petite reine de bahia et je vous le conseille vivement !
Gwenleen. Il est dur de mettre des mots sur cette lecture. Très dur. Pourtant je savais où je mettais les pieds! En effet, pioché dans ma pal par ma binomette, elle m'avait prévenue, magnifique mais dur. Alors je vais tenter d'exprimer quelque chose de constructif, mais je dis bien tenter car ce bouquin m'a remuée au plus profond de moi-même. Le sujet est ce qu'il est, la quatrième de couverture parle d'elle-même. C'est sombre, glauque, et malheureusement le reflet de ce qui se passe un peu partout dans le monde même si nous tentons de fermer les yeux. Le sujet c'est celui de l'enfance brisée et de l'innocence volée. C'est la vie de mômes qui ont du grandir plus vite que prévu et affronter la violence adulte. Le sujet fait mal, très mal ... et mon coeur de maman en a pris un sacré coup ... il a eu mal, très mal. Et pourtant? Et pourtant ça se lit et s'apprécie. Le coeur au bord des lèvres et l'estomac tout tordu, j'ai pourtant pu apprécier ce roman où percent quand même des notes d'humanité. Comment c'est possible me direz-vous? Tout simplement parce que l'auteur a une plume magnifique qui veut avant tout mettre en avant le positif, l'espoir et la lumière même quand tout semble perdu. Parce que sa plume est naturelle, qu'elle raconte les faits simplement sans chercher à faire dans l'effet de style. Parce que tout simplement sa plume tente (et réussi) de rendre une forme d'humanité et de douceur dans un contexte où tout semble aller à l'inverse de ces deux mots. Une très belle lecture aussi déchirante soit-elle. Je ne serais pas allée de moi-même vers ce bouquin, mais je suis contente qu'il ait été posé sur ma route.
Aujardinsuspendu. J'avais lu de bons avis sur ce livre mais je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre pour autant. Au final, cette lecture m'a retourné et bouleversé! Maria et Betinho sont deux enfants qui ont eu la malchance de naître dans la mauvaise famille. Très tôt livrés à eux-mêmes ils vont devenir des enfants des rues. Leur rencontre va marquer le début d'une amitié indéfectible et magnifique. Rien ne peut arrêter ces deux enfants pleins d'espoir qui rêvent d'un avenir meilleur...si ce n'est la dure réalité dans laquelle ils vivent. Pour survivre dans cet enfer ils vont se serrer les coudes, se donner la main et ne plus se lâcher. Entre prostitution, drogue et humiliations, ce roman aussi dur que sublime nous emmène au fin fond du Brésil où règne le chaos. Une histoire qui m'a prise aux tripes, j'en ai encore des frissons en écrivant cette chronique! L'auteur interpelle le lecteur dès le début du livre ce qui fait que j'ai été embarqué dans cette lecture de suite. Avec un style bien à lui, Alejandro Reyes se montre direct, sans oublier aucuns détails afin que l'horreur soit totale. J'ai bien senti que l'auteur nous parlait d'un sujet qu'il connait. Un monde horrible donc où on a un bon aperçu de la violence des hommes, de l'inceste, du viol, de la prostitution des enfants qui n'ont qu'un espoir: que l'on pose sur eux un regard différent. Mais, surtout pas du dégoût et de l'indifférence. Au milieu de cet noirceur, ces enfants des rues m'ont apparu comme étant les lumières qui éclairent cette ville. A la fois attachants, attendrissants, j'ai espère de tout cœur qu'ils s'en sortent. C'est un livre très paradoxal car au-delà de ces horreurs, Maria a une joie de vivre inébranlable. Par ailleurs, pendant cette lecture j'ai ressenti un grand sentiment d'injustice vis à vis de ces enfants oubliés. Un livre fort et puissant tout en sensibilité qui est à mon avis, le livre contemporain à lire en ce moment! Un livre à ne pas rater!
Love-of-book. Un livre plus que poignant avec des personnages puissants et attachants, un style d'écriture inimitable : en gros un petit bijou ! A lire de toute urgence mais attention, on n'en ressort pas indemne !
Maghily. Plusieurs fois, j’ai failli refermer ce roman tellement les images qui me venaient étaient glaçantes, terrifiantes. Et cela d’autant plus que l’intrigue est basée sur une histoire vraie, inspirée par les enfants que l’auteur a eu l’occasion de rencontrer lorsqu’il était éducateur de rue, au Brésil. Sachant cela, difficile de mettre une distance dans cette lecture. Les situations vécues par ces enfants prennent une toute autre dimension. La violence est présente tout au long du roman, rendue plus crue encore par le côté désabusé du narrateur lorsqu’il en parle. Ce qui choque, au-delà de la monstruosité des actes qui sont souvent commis, c’est l’apparente désinvolture avec laquelle le narrateur la décrit. C’est « normal » que les enfants se fassent régulièrement violés par les adultes censés s’occuper d’eux, qu’on leur propose de se prostituer pour vivre, qu’on les batte lorsqu’ils ne font pas ce qui leur est demandé, … Difficile à intégrer pour l’Européenne bien lotie que je suis. Mais derrière cette dénonciation de la misère dans laquelle vivent ces enfants des rues, l’auteur nous propose également un roman dans lequel l’amour et l’espérance aident les personnages à supporter leur vie. Il nous offre également une leçon de tolérance envers les milieux stigmatisés qui sont décrits tout au long de ces pages : les prostituées, les sans-abris, les homosexuels ou encore les travestis. Tous souffrent de leur situation mais tentent coûte que coûte de préserver leur estime d’eux-mêmes car ce qui les tuent, ce n’est pas la violence mais l’humiliation et le manque de respect dont font preuve leurs clients ou leurs « patrons ». Le roman est écrit à la première personne du singulier, d’après le point de vue de Betinho, devenu adulte, qui revient sur les années vécues avec Maria Aparecida. Les mots qu’il utilise sont assez crus et son style direct, ce qui vient rajouter encore un peu plus de vulgarité à certaines situations. C’est pourquoi je pense que ce roman ne doit pas être proposé à de trop jeunes lecteurs bien que le style et l’intrigue ne soient pas trop compliqués. Et dans tout cela, un détail m’a interloquée, l’utilisation faite du mot « vagalam » au lieu de vague à l’âme. Est-ce un jeu de mot de l’auteur transformé en français par la traductrice ou est-ce une invention de cette dernière ?! Au début, j’ai cru à une simple « faute » mais le mot revient à de nombreuses reprises dans le roman, comme un leitmotiv. Je ne sais pas si je vous conseillerais ce roman. Je ne peux même pas dire s’il m’a plu. Je pense qu’il est utile, voire nécessaire pour éveiller une certaine prise de conscience chez les lecteurs mais sa lecture m’a tellement coûté que je ne peux pas dire que je l’ai aimé. Je remercie néanmoins les Editions Denoël pour cette découverte même si, contrairement à ce que pouvait laisser penser la couverture, elle n’a pas fait entrer le soleil et la gaieté dans mon salon !
MIGUEL33. Un livre difficile, sordide, inspiré d'une histoire vraie. L'auteur est journaliste et a aussi été travailleur social auprès des enfants au Brésil et aux États-Unis. Betinho raconte au lecteur la vie de Maria Aparecida, qu'il a surnommée la petite reine de Bahia. Le livre est bien écrit, l'auteur nous immerge dans son récit et en même temps, il y a une certaine distance avec ce qui est raconté. On sent que le narrateur est blasé, qu'il n'y a pas à être choqué de ce qu'il raconte, car cela fonctionne ainsi dans son monde. [...] Lire la suite sur:
NYENNA. L’histoire est racontée par Betinho, jeune adolescent des rues qui va prendre sous son elle Maria Aparecida qui fuit son chez elle suite à des circonstances tragiques. La bienveillance et l’amour que porte Betinho à Maria rend ce récit très fort, leur relation fusionnelle fait de Betinho un narrateur omniscient. Nous sommes plongés au cœur des rues de Bahia avec ces atrocités : drogue, prostitution, saleté, aux côtés de ces enfants, à peine encore adolescents qui essaient de vivre (survivre) chaque jour. Maria est un personnage très attachant, colérique, impulsif mais aussi lumineux et sensuel. Le récit est envoutant, on est comme entraîné par la main de Maria et on peine à imaginer que cette histoire est tirée de fait réel, en effet Alejandro Reyes est journaliste et a été travailleur social auprès des enfants des rues (nous précise la quatrième de couverture). L’écriture est forte, fluide, des faits terribles sont dépeints mais sans jamais tomber dans le trash et la gratuité. Loin des images colorées de la fête, on découvre une autre réalité sur le Brésil. Merci à babelio et aux éditions Denoël de m’avoir permis de découvrir ce « joli » texte !
SOLTAN. L'histoire se déroule au Brésil (en pleine Coupe du monde, ça tombe bien, sauf que pour une fois, ce n'est pas le côté rutilant, genre carnaval, plumes et samba mais bien l'aspect crade et pauvre du pays qui est mis en avant) dans la ville de Salvador. On suit le parcours de deux enfant des rues, Maria Aparecida et Betinho, depuis leur rencontre à respectivement onze et treize ans jusqu'à l'âge adulte. Betinho la prend immédiatement sous son aile et les deux enfants s'attachent définitivement l'un à l'autre (l'histoire est racontée de son point de vue), se soutenant mutuellement. On s'attend donc à une amélioration de leurs conditions de vie, on imagine qu'à un moment ou un autre, ils s'en sortiront. Car la vie dans la rue est franchement dure (l'auteur doit savoir de quoi il parle puisqu'il a été travailleur social auprès de ces gamins...) : vols, violence, la faim quotidienne, la drogue, les viols, la prostitution, la maladie, la mort. Autant dire que rien ne nous est épargné et qu'on assiste à la chute des personnages : Betinho, homosexuel, se fait opérer de la poitrine et se retrouve donc endetté, après s'être prostitué pour un proxénète qui l'exploitait. Pour s'en sortir, il le vole... Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était une mauvaise idée. Quant à Maria Aparecida, délaissée par Betinho, elle tombe dans la drogue, l'alcool et la prostitution, au côté de Creuza, une jeune femme tout aussi paumée qu'elle. Pour tout dire, le fait qu'il arrive toujours plus de malheurs aux personnages de ce roman m'a légèrement agacé car on pourrait presque le mettre en rayon aux côtés des témoignages de femmes battues et de jeunes enfants torturés, violés, battus, sauf que vu leurs conditions de vie, il y a fort à parier que c'est plus réaliste que ce que l'on souhaiterait croire. Finalement, moi qui m'attendais à une sorte de conte de fées moderne (le titre y est pour quelque chose...), je me suis retrouvée avec un drame mettant en scène des personnages attachants au sein d'un Brésil extrêmement réaliste et âpre. P.S. : Il fait bon avoir une maison. P.P.S : Merci à Babelio et aux éditions Denoël de m'avoir permis de lire ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique.
24 mai 2017
Lire ou mourir : La petite reine de Bahia
J'avais très envie de lire de la littérature Sud Américaine et je
dois dire qu'avec ce livre, j'ai été comblée. Je remercie les éditions
Denoel pour m'avoir permis cette belle découverte. La petite Reine de
Bahia est un livre dur, certes, mais il nous apprend beaucoup sur
l'amour, l'entraide et la vie. Je l'ai lu très rapidement malgré
certains passages difficiles et douloureux.
La petite reine de Bahia retrace
l'histoire de Maria Aparecida, un nom assez long, pour une fille si
jeune et fragile. Après la mort de sa mère, elle déménage à Bahia avec
son père et son petit frère. Son père n'ayant jamais accepté la mort de
sa femme et rendant sa fille responsable, devient alcoolique et violent.
La jeune fille, après avoir perdu son petit frère dans les rues de
Bahia, décide de s'enfuir et de ne plus revenir. C'est comme cela
qu'elle fait la connaissance de Betinho, un jeune garçon homosexuel, qui
l'a prend sous son aile et l'emmène dans son "paradis", un ancien
cinéma désafecté où il vit avec sa bande de copains. Ce cinéma désafecté
est en quelque sorte la propriété d'un capitaine de police, appelé
"Capitaine Gay", qui leur permet de vivre ici en échange de relations
sexuelles. Il exige que Maria Aparecida se prostitue si elle souhaite
rester vivre avec eux, ce que Betinho refuse. Il s'enfuit tous les deux
pour ne plus revenir. Malgré la dureté de la vie, ils vont parfois être
amené à se séparer mais se retrouveront toujours à un moment donné.
C'est leur histoire que Alejandro Reyes nous raconte.
Le narrateur de l'histoire est Betinho.
Je ne m'y attendais pas. Rien ne le laissait présumé sur la quatrième de
couverture, mais j'ai trouvé que c'était une bonne surprise. Ce jeune
garçon est complétement paumé. On sent qu'il se cherche et que la vie ne
lui fait pas de cadeaux. J'ai trouvé cela vraiment intéressant d'avoir
son point de vue et de découvrir ce qu'il pense de Maria Aparecida. Son
jugement évolue mais il reste toujours positif à son égard même
lorsqu'elle dépasse les bornes. Grâce à cette narration originale,
l'histoire se lit relativement vite. On a hâte de savoir ce qui va se
passer et si ils vont enfin avoir le droit au bonheur.
J'ai également beaucoup apprécié avoir
un regard aussi réaliste de la vie à Bahia. La pauvreté, la drogue, la
prostitution et la violence font partie du quotidien des habitants de
Bahia. Certains passages sont assez durs et difficiles à lire, par
exemple, le passage de la maison close ou autre. Les jeunes adolescents
sont pris pour de la marchandise. Je me suis souvent fait la réflexion
qu'un bon nombre d'entre eux n'était pas considéré comme des humains et
je trouve cela vraiment affreux. Ils sont livrés à eux mêmes. Maria
Aparecida en est l'exemple même. La mort de sa mère a déchiré sa famille
: son père est devenu un homme atroce, la pauvreté a été difficile à
supporter. Lorsque son petit frère s'est perdu, elle n'a plus eu de
famille à qui se raccrocher. Un seul mot d'ordre : survivre.
La petite reine de Bahia est un livre
émouvant, parfois difficile, mais reste néanmoins un livre où la réalité
est dévoilée entièrement. Je vous recommande vivement ce livre qui
permet de se rendre compte de la misère dans laquelle les habitants de
Bahia vivent.
La petite reine de Bahia,
de Alejandro Reyes,
éditions Denoel,
Sybille
6 janv. 2016
La république des livres: La petite reine de Bahia
La république des livres
C’est sans doute l’un des livres les plus difficiles que j’ai eu à lire depuis que j’ai commencé à lire et pourtant j’en ai lu des livres !
Nous sommes plongés dans la vie de Maria Aparecida. C’est une jeune fille de 10 ans qui se retrouve dans les rues de Salvador de Bahia à la suite d’un évènement tragique. Là, elle y rencontre Betinho, un jeune garçon à peine plus âgé qu’elle qui va la prendre sous son aile. De là va naître une belle histoire d’amitié.
Ce livre n’est pas une histoire vraie mais a été écrite par un ancien éducateur de rue au Brésil d’après sa propre expérience. Cela se ressent très bien au travers de ce livre. L’auteur nous fait vivre ce que c’est de vivre dans les bas-fonds de Salvador de Bahia. Entre viol, misère, drogue, vol et prostitution, l’auteur ne nous épargne rien quitte à parfois nous choquer. Je dois dire que j’ai été horrifié de lire tous ce qu’il arrivait à ces deux enfants. Car c’est ça le plus choquant, au début de ce livre, ce ne sont que des enfants.
Malgré toute la violence qui s’égrène au fil des pages, j’ai pu voir un point positif au travers de toute cette histoire. Tout au long de celle-ci, j’ai été touché par l’espoir et l’envie de s’en sortir qu’il existe chez ces enfants. Malgré tout, ils ne perdent pas espoir d’avoir une vie meilleure et de s’en sortir. Leur amitié leur apporte beaucoup mais provoque pas mal de tension entre eux parce que c’est une amitié qu’ils veulent exclusive.
L’histoire nous est racontée du point de vue de Bethino une fois devenu adulte mais c’est bien la vie de Maria qu’il nous rapporte. Cela permet d’avoir un petit recul par rapport à tout ce qui se passe même s’il nous épargne rien parce qu’il nous rapporte les paroles de Maria.
Maria est une jeune femme pleine de vie tout au long de cette histoire. Sa beauté et sa générosité ont su me toucher. Comme Betinho, ce jeune homme protecteur et tendre envers Maria. J’ai vu plusieurs fois une porte de sortie à leur misère mais à chaque fois un grain de sable s’y mettait.
Je ne pourrai pas vous dire si j’ai aimé ou non cette histoire. Je peux juste vous dire que je suis touchée par l’histoire de ces deux personnages. La violence exprimée dans ce roman est tellement présente qu’on pourrait les croire abattu mais pourtant non ils se battent.
Une histoire qui fait prendre conscience un peu plus de la réalité des pays d’Amérique latine. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.
C’est sans doute l’un des livres les plus difficiles que j’ai eu à lire depuis que j’ai commencé à lire et pourtant j’en ai lu des livres !
Nous sommes plongés dans la vie de Maria Aparecida. C’est une jeune fille de 10 ans qui se retrouve dans les rues de Salvador de Bahia à la suite d’un évènement tragique. Là, elle y rencontre Betinho, un jeune garçon à peine plus âgé qu’elle qui va la prendre sous son aile. De là va naître une belle histoire d’amitié.
Ce livre n’est pas une histoire vraie mais a été écrite par un ancien éducateur de rue au Brésil d’après sa propre expérience. Cela se ressent très bien au travers de ce livre. L’auteur nous fait vivre ce que c’est de vivre dans les bas-fonds de Salvador de Bahia. Entre viol, misère, drogue, vol et prostitution, l’auteur ne nous épargne rien quitte à parfois nous choquer. Je dois dire que j’ai été horrifié de lire tous ce qu’il arrivait à ces deux enfants. Car c’est ça le plus choquant, au début de ce livre, ce ne sont que des enfants.
Malgré toute la violence qui s’égrène au fil des pages, j’ai pu voir un point positif au travers de toute cette histoire. Tout au long de celle-ci, j’ai été touché par l’espoir et l’envie de s’en sortir qu’il existe chez ces enfants. Malgré tout, ils ne perdent pas espoir d’avoir une vie meilleure et de s’en sortir. Leur amitié leur apporte beaucoup mais provoque pas mal de tension entre eux parce que c’est une amitié qu’ils veulent exclusive.
L’histoire nous est racontée du point de vue de Bethino une fois devenu adulte mais c’est bien la vie de Maria qu’il nous rapporte. Cela permet d’avoir un petit recul par rapport à tout ce qui se passe même s’il nous épargne rien parce qu’il nous rapporte les paroles de Maria.
Maria est une jeune femme pleine de vie tout au long de cette histoire. Sa beauté et sa générosité ont su me toucher. Comme Betinho, ce jeune homme protecteur et tendre envers Maria. J’ai vu plusieurs fois une porte de sortie à leur misère mais à chaque fois un grain de sable s’y mettait.
Je ne pourrai pas vous dire si j’ai aimé ou non cette histoire. Je peux juste vous dire que je suis touchée par l’histoire de ces deux personnages. La violence exprimée dans ce roman est tellement présente qu’on pourrait les croire abattu mais pourtant non ils se battent.
Une histoire qui fait prendre conscience un peu plus de la réalité des pays d’Amérique latine. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.
28 oct. 2014
22 sept. 2014
Notes Vagabondes: L'art de transformer la réalité en conte de fées
21 septembre 2014 par Julie Curien
Ils vivent de débrouilles, de menus larcins, sans jurer allégeance à une quelconque bande. Ce sont des bambins meurtris par une histoire familiale propre, mais malheureusement si similaire d’un cas à l’autre qu’elle en devient commune. Ce sont des gamins au grand cœur, dont la ressource première demeure l’énergie, la colère et l’envie de vivre. Ce sont des marmots marginaux, Betinho l’homo exploité qui se fera travesti(e) brillant sur les planches, et Maria Aparecida, avec ses croyances, bientôt ses activités de prostituée, ses crises encore… et leurs rêves d’adolescents. Des mômes abusés mais jamais longtemps désabusés, héros d’un récit qui se clôt telle la fin, moderne, d’un conte de fées : l’ouverture vers l’avenir, optimiste, sans doute un brin fantasmé, de ces deux êtres soudés.
Une lecture que je vous recommande vivement : à découvrir en français chez Denoël, traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco en 2014 [titre original : La Reina del Cine Roma, paru en 2013].
16 août 2014
Love of Book - La petite reine de Bahia
Mon avis :
Second
livre que je reçois de la part des éditions Denoel et contrairement au
premier, cette lecture fut une très belle découverte !
Je
vous avoue tout de suite pourquoi j'ai voulu le lire outre la belle
couverture et le résumé alléchant, l'histoire se passe au Brésil or
quand j'ai reçu la sélection de livres nous étions en pleine coupe du
monde et j'ai tout de suite été tentée de découvrir le Brésil à travers
les mots. Le Brésil qui nous est présenté dans La petite reine de Bahia
est un Brésil assez misérable où tous les coups sont permis pour tirer
son épingle du jeu ou tout simplement survivre. Peu reluisant ? Oui !
Mais, à coté de tout cela, j'ai été charmée par les descriptions des
lieux, des coutumes et j'ai encore plus envie de pauser les pieds dans
ce pays malgré ses cotés noirs (mais chaque pays en a !).
Revenons
à l'histoire ; dès le début j'ai été embarquée tête la première dans
les aventures de Maria et de Betinho. Il faut dire que l'auteur nous
plonge directement dans le bain en nous mettant dans la tête de Betinho
qui agit comme s'il nous racontait l'histoire. On ne peut que se sentir
directement concerner grâce à ce procédé d'écriture et ça n'a pas raté !
On entre dans un monde de prostitution qu'elle soit adulte ou
infantile, un monde de violence inimaginable et tout cela nous prend à
la gorge, on est dérangé et en même temps on veut aller plus loin dans
notre lecture, on veut suivre nos deux protégés. Alejandro Reyes réussi
le tour de force de nous faire comprendre que le monde est atroce pour
certains enfants (chose qu'on essaye souvent de se cacher) et on se
prend une véritable claque en pleine figure devant ces deux enfants à
l'amitié sans faille, une vraie leçon d'humilité !
Les
personnages sont un des gros points forts du livre : ils sont
puissants, on s'attachent à eux à une vitesse folle et on ne leur veut
que du bonheur. J'ai ri, pleuré, tremblé avec eux, j'étais totalement en
symbiose et qu'est ce que c'est magique quand une lecture se passe
comme ça ! Betinho est un jeune homosexuel qui a fuit un beau-père
violent du coup c'est un jeune homme fort qui a des relations dans la
ville. Il a un sens de l'amitié tellement poussé que j'en avais parfois
des frissons ! Il fait tant de sacrifice pour Maria qu'à un certain
moment je me retenais de pleurer purement et simplement ! Maria est une
jeune femme qui elle aussi a fuit un père violent après la mort de sa
mère. Cependant elle garde une certaine naïveté et une certaine douceur
qui l'emmèneront vers de mauvaises choses parfois... Tous deux ont vécu
des choses que des enfants ne devraient jamais connaitre ! On les voit
grandir petit à petit tout au long du livre dans des conditions peu
reluisantes et à chaque mésaventures j'avais mal au coeur en me disant
que de "vrais" enfants vient quelque peu la vie de Maria et de Betinho
...
Les
personnages secondaires sont eux aussi très intéressants, ils entourent
en bien et en mal notre duo et j'avoue en avoir beaucoup haï... Ils sont
très nombreux et pourtant l'auteur leur donne des caractéristiques
telles que l'on ne se perd pas durant notre lecture ce qui est une chose
capitale ! J'ai été frappée de voir comment les personnages adultes se
servent des enfants ! Mon coeur de bisounours a saigné plus d'une fois
...
L'écriture
d'Alejandro Reyes est une écriture bourrin mais pas dans le mauvais
sens du terme. Il ne s'embarasse pas de fioritures diverses et variées,
il va droit au but. Comme je l'ai dis plus haut, c'est Betihno qui
raconte l'histoire du coup l'auteur adopte un langage assez ordurier
pour convenir à un langage d'enfant des rues qui se fichent de se faire
disputer s'il dit un gros mot. Cette manière d'écrire donne une grande
dimension réaliste au récit et je pense que c'est en grande partie grâce
à cela que j'ai été engloutie par l'histoire purement et simplement !
En bref, une superbe découverte que je conseille à tous et pour moi, un auteur à suivre ! Merci aux éditions Denoel !
6 août 2014
Au jardin suspendu: La petite reine de Bahia
Mon avis: J'avais lu de bons avis sur ce livre mais je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre pour autant. Au final, cette lecture m'a retourné et bouleversé!
Maria et Betinho sont deux enfants qui ont eu la malchance de naître
dans la mauvaise famille. Très tôt livrés à eux-mêmes ils vont devenir
des enfants des rues. Leur rencontre va marquer le début d'une amitié
indéfectible et magnifique. Rien ne peut arrêter ces deux enfants pleins
d'espoir qui rêvent d'un avenir meilleur...si ce n'est la dure réalité
dans laquelle ils vivent.
Pour survivre dans cet enfer ils vont se serrer les coudes, se donner la main et ne plus se lâcher.
Entre prostitution, drogue et humiliations, ce roman aussi dur que sublime nous emmène au fin fond du Brésil où règne le chaos.
Une histoire qui m'a prise aux tripes, j'en ai encore des frissons en écrivant cette chronique!
L'auteur interpelle le lecteur dès le début du livre ce qui fait que
j'ai été embarqué dans cette lecture de suite. Avec un style bien à lui,
Alejandro Reyes se montre direct, sans oublier aucuns détails afin que
l'horreur soit totale. J'ai bien senti que l'auteur nous parlait d'un
sujet qu'il connait.
Un monde horrible donc où on a un bon aperçu de la violence des hommes,
de l'inceste, du viol, de la prostitution des enfants qui n'ont qu'un
espoir: que l'on pose sur eux un regard différent. Mais, surtout pas du
dégoût et de l'indifférence.
Au milieu de cet noirceur, ces enfants des rues m'ont apparu comme étant les lumières qui éclairent cette ville. A la fois attachants, attendrissants, j'ai espère de tout cœur qu'ils s'en sortent.
C'est un livre très paradoxal car au-delà de ces horreurs, Maria a une joie de vivre inébranlable.
Par ailleurs, pendant cette lecture j'ai ressenti un grand sentiment d'injustice vis à vis de ces enfants oubliés.
Un livre fort et puissant tout en sensibilité qui est à mon avis, le
livre contemporain à lire en ce moment! Un livre à ne pas rater!
♥ ♥ ♥ ♥ ♥
21 juil. 2014
Mickaéline et ses livres
Avant toute chose je tiens à remercier vivement les éditions Denoël qui m'ont permis de découvrir cet excellent ouvrage. Mon premier vrai coup de cœur de l'année.
J'ai choisi ce livre dans la liste proposée, et bien oui, une fois encore pour sa couverture. Que voulez-vous on ne se refait pas.
Donc
vous l'aurez compris, j'aime cette couverture, tout d'abord parce que
cette jupette qui s'envole me fait penser à l'enfance, aux petites
filles qui s'amusent à tourner, et tourner afin de faire tournoyer leur
jupette. Mais là le contraste saisissant du corps
sinon adulte presque pubère, nous donne à penser que ce roman ne sera
sans doute pas aussi gai, qu'il y parait.
Maria est une petite fille de 10 ans qui décide de vivre dans la rue, elle s'est enfuie de chez elle pour échapper à son père. Petite, sans défense, orpheline de mère, arrachée par la vie à son frère, elle va rencontrer Betinho, un jeune garçon débrouillard, et également sans abri. Lui, le jour de leur rencontre, il essais de se cacher d'une bande rivale, afin de rester en vie. Un peu plus âgé, il va la prendre sous son aile et la protéger, comme il peut. Ces deux écorchés vifs n'ont pas fini d'en voir. Mais rien, ni personne n'arrivera vraiment à les séparer. C'est une formidable histoire d'amitié et d'amour que nous livre ici Alejandro Reyes
Avec des mots crus et simples Bethino nous conte leurs histoires à Maria Aparecida et lui, enfin surtout celle de son amie. Pour ce faire l'auteur utilise un style familier, voir très familier. Renforçant ainsi les sentiments qu'il souhaite nous transmettre, comme un marionnettiste tire les ficelles de ses marionnettes. Il nous fait passer du rire aux larmes, du dégoût à l'espoir. Sous sa plume Bethino n'hésite pas à prendre a partit le lecteur. Comme si nous avions le droit de ressentir, mais en aucun cas celui de juger. C'est comme ça, point. Si eux acceptent cette vérité, pourquoi, des blancs, comme les touristes du sexe auraient le droit de les juger. Puisqu'ils sont les premiers à provoquer ce commerce.
Au commencement de la narration, Bethino et Maria Aparecida sont adultes, mais notre conteur nous fait revivre leur histoire depuis leur rencontre, sauf pour Maria, il revient bien au delà, car c'est son histoire à elle qu'il veut mettre en avant. Elle est sa petite reine, son rayon de soleil. La seule femme qui aura su gagner le cœur de ce jeune gay.
Comme de nombreux enfants et adultes de ce Brésil des bas-fonds, bien loin de celui de la coupe du monde. Bethino est un jeune garçon qui survit, grâce à de menus larcins, homosexuel il n'hésite pas non plus à vendre son corps au plus offrant. Il se livre peu dans ce récit, on sait ou du moins, on devine que comme son amie, il a été abusé très jeune par son père, et, que pour le fuir, il vit dans la rue. Où finalement, il fait ce que les adultes lui ont appris de mieux. En admiration des transsexuels, il en devient vite leur ami, d'ailleurs qui n'aimerait pas Bethino, moi-même il m'a touché plus d'une fois. Choqué parfois, amusée souvent. Et puis l'inévitable survient, Béthino se fait avoir, le petit rusé a trouvé plus fort que lui. Alors qu'il croyait avoir enfin trouvé le grand amour, la vie, lui a rappelé amèrement que tout à un prix, et que rien n'est jamais acquis pour ces laissés-pour-compte. Sa seule consolation être enfin devenu celui qu'il voulait, ou presque, un travesti. Il ignorait alors que son plus grand rêve, deviendrait son pire cauchemar.
Maria Aparecida, c'est la joie de vivre incarnée, tout le monde est en admiration devant cette enfant puis cette femme à la beauté surprenante. Née d'une mère prêtresse et d'un père pécheur, sa vie aurait été bien différente si sa mère n'était parti bien trop vite. Toujours dévouée pour ses proches, elle est injustement accusée de tout leurs maux. Elle ne rêve que d'une chose s'en sortir. Mais là encore la vie ne la laissera pas faire. Chaque fois qu'elle est sur le point d'y arriver, un grain de sable, fait dérailler la machine. Attachante, rebelle, parfois égoïste, elle reste malgré tout dévouée à sa famille et à ses amies.
Maria est une petite fille de 10 ans qui décide de vivre dans la rue, elle s'est enfuie de chez elle pour échapper à son père. Petite, sans défense, orpheline de mère, arrachée par la vie à son frère, elle va rencontrer Betinho, un jeune garçon débrouillard, et également sans abri. Lui, le jour de leur rencontre, il essais de se cacher d'une bande rivale, afin de rester en vie. Un peu plus âgé, il va la prendre sous son aile et la protéger, comme il peut. Ces deux écorchés vifs n'ont pas fini d'en voir. Mais rien, ni personne n'arrivera vraiment à les séparer. C'est une formidable histoire d'amitié et d'amour que nous livre ici Alejandro Reyes
Avec des mots crus et simples Bethino nous conte leurs histoires à Maria Aparecida et lui, enfin surtout celle de son amie. Pour ce faire l'auteur utilise un style familier, voir très familier. Renforçant ainsi les sentiments qu'il souhaite nous transmettre, comme un marionnettiste tire les ficelles de ses marionnettes. Il nous fait passer du rire aux larmes, du dégoût à l'espoir. Sous sa plume Bethino n'hésite pas à prendre a partit le lecteur. Comme si nous avions le droit de ressentir, mais en aucun cas celui de juger. C'est comme ça, point. Si eux acceptent cette vérité, pourquoi, des blancs, comme les touristes du sexe auraient le droit de les juger. Puisqu'ils sont les premiers à provoquer ce commerce.
Au commencement de la narration, Bethino et Maria Aparecida sont adultes, mais notre conteur nous fait revivre leur histoire depuis leur rencontre, sauf pour Maria, il revient bien au delà, car c'est son histoire à elle qu'il veut mettre en avant. Elle est sa petite reine, son rayon de soleil. La seule femme qui aura su gagner le cœur de ce jeune gay.
Comme de nombreux enfants et adultes de ce Brésil des bas-fonds, bien loin de celui de la coupe du monde. Bethino est un jeune garçon qui survit, grâce à de menus larcins, homosexuel il n'hésite pas non plus à vendre son corps au plus offrant. Il se livre peu dans ce récit, on sait ou du moins, on devine que comme son amie, il a été abusé très jeune par son père, et, que pour le fuir, il vit dans la rue. Où finalement, il fait ce que les adultes lui ont appris de mieux. En admiration des transsexuels, il en devient vite leur ami, d'ailleurs qui n'aimerait pas Bethino, moi-même il m'a touché plus d'une fois. Choqué parfois, amusée souvent. Et puis l'inévitable survient, Béthino se fait avoir, le petit rusé a trouvé plus fort que lui. Alors qu'il croyait avoir enfin trouvé le grand amour, la vie, lui a rappelé amèrement que tout à un prix, et que rien n'est jamais acquis pour ces laissés-pour-compte. Sa seule consolation être enfin devenu celui qu'il voulait, ou presque, un travesti. Il ignorait alors que son plus grand rêve, deviendrait son pire cauchemar.
Maria Aparecida, c'est la joie de vivre incarnée, tout le monde est en admiration devant cette enfant puis cette femme à la beauté surprenante. Née d'une mère prêtresse et d'un père pécheur, sa vie aurait été bien différente si sa mère n'était parti bien trop vite. Toujours dévouée pour ses proches, elle est injustement accusée de tout leurs maux. Elle ne rêve que d'une chose s'en sortir. Mais là encore la vie ne la laissera pas faire. Chaque fois qu'elle est sur le point d'y arriver, un grain de sable, fait dérailler la machine. Attachante, rebelle, parfois égoïste, elle reste malgré tout dévouée à sa famille et à ses amies.
En conclusion :
Si la petite reine de Bahia n'est pas une histoire vraie à proprement parler, elle est cependant basée sur des faits réels. Une magnifique histoire d'amitié, d'amour, où ces mots prennent tout leur sens dans le chaos, que vivent tous ces oubliés de la vie. Dont le quotidien est fait de prostitution, de viol et violence en tout genre. Où il est plus facile de tomber dans la drogue, que de survivre, on ne peut qu'admirer leur courage. Et prendre la leçon d'humilité qu'ils nous donnent.
Mon seul regret que le roman se termine par une fin ouverte, car j'aurai bien aimé voir écrit noir sur blanc, que Bethino et Maria Aparecida, ont enfin trouvé une vie calme et reposante. Mais comme l'auteur, nous en laisse le choix, c'est ce que je souhaite à ces personnages.
Morceaux choisis :
Dieu
s'est un peu emmêlé les pinceaux, il n'a pas tout mis à la bonne place.
Moi, franchement, j'aimerais savoir pourquoi Dieu a inventé le sexe.
Voilà un truc qui n'a jamais marché, juste bon à créer des problèmes,
depuis la Création jusqu'à nos jours. Si j'étais lui, jamais j'aurais
inventé une connerie pareille. Imagine comme le monde serait bonard sans
le sexe : plus de viols, d'embrouilles, de guerres, d'amours
déplacées... Tout le monde serait peinard. Mais non il a fallu qu'il
conçoive ça pour nous faire chier, sans compter qu'il se goure au moment
du montage et qu'il ne met pas les pièces au bon endroit, je te dis pas
le bordel. On en vient à croire qu'il se paie notre tête.
Je
lui ai appris à construire un abri où on pouvait tenir à deux en
joignant plusieurs cartons. Quand on s'est enfin installés dans notre
nouvelle maison et qu'on en a refermé "l'entrée" avec un carton, elle a
posé sa tête sur mon épaule comme elle faisait d'habitude. Elle était
émue : triste, joyeuse, troublée, ne sachant que faire avec cette envie
de pleurer qui lui serrait la gorge.
- On ne se séparera jamais, pas vrai, Betinho ?
- Jamais, ma reine. Jamais.
j'ai
jamais compris la logique de femme, ça vous entortille le cerveau, ça
part dans tous les sens et y a pas moyen de discuter.
15 juil. 2014
Maghily - La petite reine de Bahia
Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui n’est certainement pas à mettre entre toutes les mains. Gagné grâce au dernier Masse Critique de Babelio, je n’en avais jamais entendu parler jusque-là. La Petite Reine de Bahia
nous fait découvrir le côté sombre de ce Brésil qui a pourtant tenté de
se montrer sous un meilleur jour au cours de ces dernières semaines.
Plusieurs fois, j’ai failli refermer ce roman tellement les images qui me venaient étaient glaçantes, terrifiantes. Et cela d’autant plus que l’intrigue est basée sur une histoire vraie,
inspirée par les enfants que l’auteur a eu l’occasion de rencontrer
lorsqu’il était éducateur de rue, au Brésil. Sachant cela, difficile de
mettre une distance dans cette lecture. Les situations vécues par ces
enfants prennent une toute autre dimension. La violence est présente tout au long du roman,
rendue plus crue encore par le côté désabusé du narrateur lorsqu’il en
parle. Ce qui choque, au-delà de la monstruosité des actes qui sont
souvent commis, c’est l’apparente désinvolture avec
laquelle le narrateur la décrit. C’est « normal » que les enfants se
fassent régulièrement violés par les adultes censés s’occuper d’eux,
qu’on leur propose de se prostituer pour vivre, qu’on les batte
lorsqu’ils ne font pas ce qui leur est demandé, … Difficile à intégrer
pour l’Européenne bien lotie que je suis.
Mais derrière cette dénonciation de la
misère dans laquelle vivent ces enfants des rues, l’auteur nous propose
également un roman dans lequel l’amour et l’espérance aident les personnages à supporter leur vie. Il nous offre également une leçon de tolérance
envers les milieux stigmatisés qui sont décrits tout au long de ces
pages : les prostituées, les sans-abris, les homosexuels ou encore les
travestis. Tous souffrent de leur situation mais tentent coûte que coûte
de préserver leur estime d’eux-mêmes car ce qui les tuent, ce n’est pas
la violence mais l’humiliation et le manque de respect dont font preuve
leurs clients ou leurs « patrons ».
Le roman est écrit à la première personne du singulier, d’après le point de vue de Betinho,
devenu adulte, qui revient sur les années vécues avec Maria Aparecida.
Les mots qu’il utilise sont assez crus et son style direct, ce qui vient
rajouter encore un peu plus de vulgarité à certaines situations. C’est
pourquoi je pense que ce roman ne doit pas être proposé à de trop jeunes lecteurs bien que le style et l’intrigue ne soient pas trop compliqués.
Et dans tout cela, un détail m’a interloquée, l’utilisation faite du mot « vagalam »
au lieu de vague à l’âme. Est-ce un jeu de mot de l’auteur transformé
en français par la traductrice ou est-ce une invention de cette dernière
?! Au début, j’ai cru à une simple « faute » mais le mot revient à de
nombreuses reprises dans le roman, comme un leitmotiv.
Je ne sais pas si je vous conseillerais ce roman. Je ne peux même pas dire s’il m’a plu.
Je pense qu’il est utile, voire nécessaire pour éveiller une certaine
prise de conscience chez les lecteurs mais sa lecture m’a tellement
coûté que je ne peux pas dire que je l’ai aimé. Je remercie néanmoins
les Editions Denoël pour
cette découverte même si, contrairement à ce que pouvait laisser penser
la couverture, elle n’a pas fait entrer le soleil et la gaieté dans mon
salon !
9 juil. 2014
Jules se livre
Époustouflant! L'Homme est fort, il peut supporter presque
quotidiennement les pires humiliations et encore aspirer à de petits
bonheurs...
Le Brésil dépeint par Alejandro Reyes est à des milliers de kilomètres des belles plages au sable fin et du carnaval où la musique, la samba et les costumes colorent les nuits chaudes d'un pays aux paysages de rêve.
Le Brésil dépeint par Alejandro Reyes est à des milliers de kilomètres des belles plages au sable fin et du carnaval où la musique, la samba et les costumes colorent les nuits chaudes d'un pays aux paysages de rêve.
"...toute une vie à être considéré et traité comme de la merde, parce
que pédé, enfant des rues, travesti, un insecte qu'il faut
écrabouiller, un déchet bon à jeter." (p.389)
Les mots de ce roman expriment énormément de violence sans être trop explicites. Il n'aurait pas été nécessaire d'en ajouter car toute la souffrance de Maria Aparecida et Betinho transperce chaque page du roman! Élevés à la dur, ils se sont connus au travers des cafards, des rats, des mécréants et des pires atrocités que la terre a malheureusement à offrir. Ils ont fait un bout de chemin ensemble partageant un peu de joie entre les passes, le vol à l'étalage et la vente de petites objets aux touristes pour survivre. Leurs chemins en ont croisé d'autres, mais jamais pour améliorer leur sort. Maria Aparecida et Betinho se sont aussi perdus pendant un bon moment, cherchant l'amour pour ne trouver que la trahison, cherchant la lumière pour ne trouver que des coins encore plus sombres... Ce sont des histoires tristes inspirées de vraies personnes et c'est ce qui est encore plus désolant.
Non, ce n'est pas un roman réjouissant, c'est un roman qui met la lumière sur ce que vivent des millions d'enfants sur cette terre! De jeunes victimes irrécupérables parce qu'ils auront vécu, en très peu de temps, des milliers de fois ce que vous et moi ne vivrons jamais!
La seule chose que je déplore de ce roman, c'est la traduction avec les expressions tirées du jargon français qui ont parfois suscité quelque interrogations chez moi... Je peux comprendre que dans certains cas, les mots choisis servent à exprimer une certaine dureté ou telle réalité, mais le lecteur québécois moyen qui n'a pas l'habitude éprouvera quelques difficultés. "Je te chope" Quelqu'un peut m'expliquer?
Outre cela, c'est un roman à lire pour ne pas rester indifférent à ce monde souterrain que l'on repousse dans les favelas dans le cas du Brésil.
Les mots de ce roman expriment énormément de violence sans être trop explicites. Il n'aurait pas été nécessaire d'en ajouter car toute la souffrance de Maria Aparecida et Betinho transperce chaque page du roman! Élevés à la dur, ils se sont connus au travers des cafards, des rats, des mécréants et des pires atrocités que la terre a malheureusement à offrir. Ils ont fait un bout de chemin ensemble partageant un peu de joie entre les passes, le vol à l'étalage et la vente de petites objets aux touristes pour survivre. Leurs chemins en ont croisé d'autres, mais jamais pour améliorer leur sort. Maria Aparecida et Betinho se sont aussi perdus pendant un bon moment, cherchant l'amour pour ne trouver que la trahison, cherchant la lumière pour ne trouver que des coins encore plus sombres... Ce sont des histoires tristes inspirées de vraies personnes et c'est ce qui est encore plus désolant.
Non, ce n'est pas un roman réjouissant, c'est un roman qui met la lumière sur ce que vivent des millions d'enfants sur cette terre! De jeunes victimes irrécupérables parce qu'ils auront vécu, en très peu de temps, des milliers de fois ce que vous et moi ne vivrons jamais!
La seule chose que je déplore de ce roman, c'est la traduction avec les expressions tirées du jargon français qui ont parfois suscité quelque interrogations chez moi... Je peux comprendre que dans certains cas, les mots choisis servent à exprimer une certaine dureté ou telle réalité, mais le lecteur québécois moyen qui n'a pas l'habitude éprouvera quelques difficultés. "Je te chope" Quelqu'un peut m'expliquer?
Outre cela, c'est un roman à lire pour ne pas rester indifférent à ce monde souterrain que l'on repousse dans les favelas dans le cas du Brésil.
ISBN: 9782207117071
Parution: 05-05-2014
Trad. de l'espagnol (Mexique) par Alexandra Carrasco
3 juil. 2014
La petite reine de Bahia - Alejandro Reyes
Delcyfaro
Je peux le dire d'ores et déjà j'ai adoré ce roman, c'est une histoire tellement poignante, tellement dure, tirée d'une histoire vraie qui met en scène deux enfants dans un Brésil loin des ors de la Coupe du monde de football. Maria Aparecida est une petite fille d'une beauté à couper le souffle qui se retrouve à la rue après avoir perdu sa maman et avoir fuit son pére qui la maltraite et la viole.
Elle rencontre Betinho, un jeune garçon homosexuel qui la prendra sous son aile et lui viendra en aide, jusqu'au jour où leurs chemins se sépareront.
L'errance de Maria, ses rencontres diverses, variées, bonnes ou mauvaises vont la conduire à la prostitution mais aussi à partager des moments d'amour et surtout d'espoir. Mais a-t'on le droit au bonheur dans ces favelas où règne essentiellement la misère la violence, la drogue..L'amitié et l'amour peuvent-ils encore sauver les gens?
Ce roman est un roman coup de poing dans le ventre et le coeur. C'est d'une violence rare et extrême, pas de serial killer mais une réalité sordide et horrible. L'auteur ne nous épargne rien, ni les viols, ni la descente aux enfers, ni la violence, ni les humiliations, c'est une succession de moments plus terribles les uns que les autres. Ça fait mal au ventre, au coeur, on est souvent au bord de la nausée tellement les situations que vivent les personnages sont monstrueuses mais on espère toujours qu'une lueur d'espoir va apparaître, que le chemin vers l'enfer va enfin s'inverser.
L'auteur nous offre vraiment une oeuvre de toute beauté, tant dans l'écriture, que dans la narration. Cette histoire d'amitié pure et solide est tellement vraie, tellement belle qu'on est subjugué par l'histoire. Une fois ouvert ce roman ne peut pas être lâché parce qu'on veut absolument savoir ce qui va arriver à Maria Aparecida, à Betinho, à Creuza et à Pedrinho.
C'est une vision du Brésil tellement réaliste , tellement poignante,tellement sordide qu'elle est vraiment difficile à imaginer et pourtant on sait très bien qu'elle est malheureusement totalement réelle.
Un immense merci aux Editions Denoël & d'ailleurs et en particulier à Dana Burlac pour cette lecture qui reste en mémoire longtemps après le mot fin.
Je peux le dire d'ores et déjà j'ai adoré ce roman, c'est une histoire tellement poignante, tellement dure, tirée d'une histoire vraie qui met en scène deux enfants dans un Brésil loin des ors de la Coupe du monde de football. Maria Aparecida est une petite fille d'une beauté à couper le souffle qui se retrouve à la rue après avoir perdu sa maman et avoir fuit son pére qui la maltraite et la viole.
Elle rencontre Betinho, un jeune garçon homosexuel qui la prendra sous son aile et lui viendra en aide, jusqu'au jour où leurs chemins se sépareront.
L'errance de Maria, ses rencontres diverses, variées, bonnes ou mauvaises vont la conduire à la prostitution mais aussi à partager des moments d'amour et surtout d'espoir. Mais a-t'on le droit au bonheur dans ces favelas où règne essentiellement la misère la violence, la drogue..L'amitié et l'amour peuvent-ils encore sauver les gens?
Ce roman est un roman coup de poing dans le ventre et le coeur. C'est d'une violence rare et extrême, pas de serial killer mais une réalité sordide et horrible. L'auteur ne nous épargne rien, ni les viols, ni la descente aux enfers, ni la violence, ni les humiliations, c'est une succession de moments plus terribles les uns que les autres. Ça fait mal au ventre, au coeur, on est souvent au bord de la nausée tellement les situations que vivent les personnages sont monstrueuses mais on espère toujours qu'une lueur d'espoir va apparaître, que le chemin vers l'enfer va enfin s'inverser.
L'auteur nous offre vraiment une oeuvre de toute beauté, tant dans l'écriture, que dans la narration. Cette histoire d'amitié pure et solide est tellement vraie, tellement belle qu'on est subjugué par l'histoire. Une fois ouvert ce roman ne peut pas être lâché parce qu'on veut absolument savoir ce qui va arriver à Maria Aparecida, à Betinho, à Creuza et à Pedrinho.
C'est une vision du Brésil tellement réaliste , tellement poignante,tellement sordide qu'elle est vraiment difficile à imaginer et pourtant on sait très bien qu'elle est malheureusement totalement réelle.
Un immense merci aux Editions Denoël & d'ailleurs et en particulier à Dana Burlac pour cette lecture qui reste en mémoire longtemps après le mot fin.
Chronique sur La petite reine de Bahia
Je termine à peine ce roman mais j'ai très envie de vous écrire une
chronique à chaud car j'estime que ce sont celles qui sont les plus
profondes.
Avant tout il faut savoir que ce livre a été écrit par un journaliste, éducateur de rue au Brésil et que cette histoire a été inspirée de faits réels. Rien que de savoir cela, je pense que j'aurai du mal à fermer l'oeil cette nuit.
En effet nous allons tombée dans une déchéance que j'avais beaucoup de peine à imaginer mais grâce à Alejandro Reyes, j'ai pu découvrir ces atrocités qui existent à l'autre bout du monde. Une découverte qui ne m'enchante absolument pas car cela m'attriste énormément... Le savoir c'est une chose mais le vivre à travers un roman c'est comme si on le vivait soi même.
Maria est une petite fille de 10 qui se retrouve à la rue après un
évènement marquant tant lourd que fort émotionnellement. Petite, sans
défense, elle va tombée sur Betinho, ce jeune de rue aussi perdu d'elle
mais pourtant un peu plus habitué dirons nous... Un peu plus âgé, il va
la prendre sous son aile et la protéger à sa façon de la vie. Deux
cabossés par la vie vont vivre l'expérience la plus incroyable que je
n'ai jamais lue : d'êtres déchirés, ils vont devenir des êtres de plus
en plus délabrés par la vie. Comment est ce possible? Prostitution,
drogue, alcool, et j'en passe, tout cela à moins de 13 ans? Mais comment
est ce possible?
J'ai lu ce roman avec beaucoup d'empathie mais en même temps avec
beaucoup de recul car comment pouvoir assimiler tout ce que j'ai pu
lire? comment vivre heureux en se disant qu'à quelques milliers de
kilomètres se passent des atrocités pareilles? Du viol à l'overdose....
Et j'en passe....
Maria rêve d'un mieux, Maria rêve d'une vie un jour normale loin de la
pauvreté, des misères, de la prostitution. Et elle va s'accrocher à la
mort... Maria l'impulsive, la colérique, cette colère qui va lui permettre
de continuer à vivre et de s'accrocher à... rien, mais elle va pourtant
s'y accrocher.
Alejandro Reyes est un auteur qui ne mâche pas ses mots, il dit ce qu'il
pense et comment il le pense et quitte à choquer ses publics, peu
l'importe... Il faut que le message passe quelque soit la façon et je
peux vous assurer que cela fonctionne. J'ai été envoûtée par cette
histoire pourtant si dure, si complexe et si triste mais l'auteur m'a
plongée dans l'histoire et j'ai eu beaucoup de mal de m'en sortir.
[Mise en Garde] Il est à savoir que ce roman n'est pas un roman
facile à lire, il faut que vous le sachiez car il faut être prêts à
accueillir Maria dans votre vie car elle risque de la changer à tout
jamais. Il y a également des scènes très dures à lire.
L'histoire nous est racontée par Betinho, ce jeune homosexuel qui va
pourtant nous expliquer avec ses yeux sa vie et celle de Maria. J'ai
énormément apprécié cette manière d'écrire, cette optique, ce point de
vue tant interne qu'externe car certes Betinho est l'âme soeur
fraternelle, son ami, sa muse, sa soeur, sa... (le sait on
vraiment?) de Maria mais c'est son oeil externe qui va permettre à ce
livre d'être aussi vivant qu'il l'est.
Je sais que ma chronique ne reflète pas la beauté du roman comme je le voudrais... parce qu'il est compliqué d'arriver à la hauteur de Monsieur Reyes... J'aimerai pourtant lui faire honneur alors faites moi plaisir : Dévorez son roman!
Je sais que ma chronique ne reflète pas la beauté du roman comme je le voudrais... parce qu'il est compliqué d'arriver à la hauteur de Monsieur Reyes... J'aimerai pourtant lui faire honneur alors faites moi plaisir : Dévorez son roman!
Un roman que je vous recommande vraiment, tellement bien écrit et tellement magique, ce roman fait partie des 10 plus beaux livres jamais lus.
Quand vous irez à Bahia et que vous rencontrerez la petite reine, faites attention car vous risquez de ne pas en sortir indemne.
28 mai 2014
Espaces Latinos: La petite reine de Bahia
Espaces Latinos
On a déjà vu beaucoup de reportages, de documentaires, beaucoup lu de romans sur la misère des favelas brésiliennes. Et pourtant, avec ce premier roman du Mexicain Alejandro Reyes, La petite reine de Bahia on découvre ce drame de l’intérieur, au quotidien, au plus près de trois enfants, victimes et acteurs, que l’on voit évoluer, souffrir, lutter pour survivre, pour finir par se créer, par exister.
L’horreur quotidienne est omniprésente,
et pourtant ces personnages qui n’ont rien en commun avec un lecteur
européen, sont montrés comme ce qu’ils sont vraiment, des personnes tour
à tour d’une force admirable et d’une faiblesse tout émouvante.
Betinho, le narrateur, a une douzaine d’années quand commence le récit,
il a fui un taudis dans lequel sa mère l’ignore et son beau-père le
viole et a rejoint la rue. C’est là qu’il rencontre Maria Aparecida, dix
ans à peu près, qui se trouve dehors pour les mêmes raisons. Ils vont
devenir inséparables (avec quelques éclipses), unis par un sentiment
qu’ils ne parviendront jamais à définir : de la fraternité, de l’amour,
de l’amitié ? Ils s’acceptent d’emblée, ce qui n’est pas tout à fait
facile, lui accepte les crises de la fillette, crises incontrôlables qui
la poussent parfois jusqu’au bord de la mort, elle accepte l’attirance
de Betinho pour les garçons. Alejandro Reyes a passé
neuf ans au contact de ces enfants naufragés, il les a vus se battre
pour la survie, et il ajoute à cette connaissance le talent de raconter
en n’oubliant jamais qu’il nous parle d’êtres humains : l’émotion ne
quitte jamais ces quatre cents pages.
L’innocence la plus pure se trouve ici
constamment au cœur des pires indignités : l’indignité est dehors,
partout : les gamins qui se droguent par désespoir et qui peuvent en
mourir avant d’être adolescents, les enfants utilisés, violés par un
beau-père ou un oncle et qui acceptent sans se révolter, les adultes,
indifférents à toute cette misère sans nom, trop occupés eux-mêmes par
leur propre survie. La pureté est en eux, ce Betinho et cette Maria
Parecida, qui découvrent au contact l’un de l’autre qu’existent des
sentiments qu’ils sont incapables de nommer, mais dont ils savent qu’ils
sont l’unique moteur de leurs vies. Ils ne sont pas parfaits, ces deux
gosses, loin de là, elle pique de ces crises terribles de colère et
d’auto-destruction, il est capable d’une violence froide, d’autant plus
effrayante.
Et puis il y a ce sentiment de
culpabilité, chacun se croit responsable de son malheur et de celui des
autres. En fin de compte, tout se résume à l’idée que chacun lutte pour
être quelque chose ou quelqu’un, pour exister en tant que personne, pour
ne plus être un objet, sexuel le plus souvent, et enfin se sentir
humain. Ce qui manque aussi, ce sont les exemples, tout ce qu’ils
connaissent, c’est une mère qui accepte tout d’un concubin violent, un
père qui abuse chaque jour de sa fille, un beau garçon séducteur qui se
révèle être un proxénète, voilà ce qu’est le monde des adultes pour ces
gamins à la dérive, alors vers où se tourner pour remonter, ou plutôt
pour monter la pente ?
Le désespoir, s’il est bien présent,
n’est que temporaire, provisoire, au bout d’un moment, ces gamins
retrouvent toujours une planche de salut, s’y accrochent et découvrent
des sources d’espoir qui parfois deviennent des océans et leur
permettent de tenir. Le dernier des paradoxes de ce superbe roman, c’est
que ces gamins des rues parviennent à nous donner une leçon de vie :
merci pour tout cela, Alejandro Reyes !
Christian ROINAT
Alejandro Reyes : La petite reine de Bahia, traduit de l’espagnol (Mexique) par Alexandra Carrasco, Denoël, 415 p., 22,50 €.
En espagnol : La Reina del Cine Roma, Mondadori, México, 2013, roman qui a obtenu le Premio Lipp (2012).
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